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Culture et tourisme

La légende de Jonas le Corbeau

Autrefois, les hêtres du parc de Sclassin abritaient un grand nombre de nids de corbeaux. Marcelin Lagarde explique la présence de ces volatiles par la légende de Jonas le Corbeau.

Au début du XVIIIe siècle, le château de Sclassin était habité par une vieille fille : Mademoiselle de Woestenraedt de Falhez. La châtelaine avait, au château de Wanne, un neveu frivole et endetté qui se nommait Christian d’Aisomont. Un jour, ce dernier invita sa tante à passer quelques jours dans son château. Alors que la dame quittait son domaine, accompagnée de sa fidèle servante, un corbeau suivit le carrosse en criant à tue-tête : « Louke à ti, louke à ti » (attention, attention).

Christian d’Aisomont accueillit sa parente avec force d’attentions hypocrites et l’installa dans une pièce du rez-de-chaussée. La prudente demoiselle se souvint des mises en garde du corbeau et échangea sa chambre avec celle de sa servante. Bien lui en prit, car l’on retrouva cette dernière égorgée dans son lit le lendemain. Le crime fut attribué à une bande de brigands infestant la région. Mademoiselle de Woestenraedt de Falhez retourna dans son domaine sur le champ, emportant avec elle le corbeau qui lui avait sauvé la vie.

Afin de récompenser l’oiseau de sa mise en garde, elle le décora d’un précieux collier et le nomma Jonas. Auréolé de ce trésor, l’astucieux volatile, jouit d’un grand prestige auprès de ses semblables qui se rassemblèrent en masse auprès de lui.

Désireux de retrouver les bonnes grâces de sa fortunée tante, le jeune Christian d’Aisomont vint rendre une visite de courtoisie. Le long du chemin, il fut poursuivi par les « Louke à ti, louke à ti » de Jonas. Excédé et résolu de se venger, le neveu monta dans la tour abritant les corbeaux. Les oiseaux et l’homme s’affrontèrent et l’on retrouva Christian inanimé sur le sol, les yeux crevés, tenant Jonas étranglé dans sa main.

La châtelaine pleura longtemps le corbeau qui lui avait sauvé la vie. Son neveu mourut misérablement dans la solitude et la pauvreté. Quant aux corbeaux, ils ne quittèrent plus le château de Sclassin...

 
Dernière mise à jour le 4 Avril 2017